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Coup de projecteur sur le festival Branche & Ciné avec son directeur Guillaume Bénaily

Les Nuits des Forêts 2024
Aujourd’hui, nous partons à la rencontre de Guillaume Bénaily, archéologue, chef de projet culturel et directeur du célèbre festival Branche & Ciné organisé par l’ONF (Office National des Forêts). Cet évènement culturel, qui prend vie en Ile-de-France, en Normandie et dans les Hauts-de-France, offre la possibilité aux spectateurs de (re)découvrir des films mythiques ou dernièrement récompensés au coeur même de la forêt.
En échangeant avec Guillaume Bénaily, nous avons tenté de comprendre de quelle manière ce festival propose une expérience unique aux personnes qui y participent, en vivant un moment magique, hors du temps, qui leur donnera (peut-être) envie de revenir en forêt…

Pouvez-vous nous rappeler l’ADN du festival Branche et Ciné ? Comment fonctionne-t-il (dates, lieux, infos pratiques) ?

Le festival Branche & Ciné créé en 2018 à l’Office national des forêts est une expérience cinématographique et sylvestre en forêt unique. C’est l’occasion pour les amoureux de la nature et du cinéma de se retrouver au cœur de nos forêts, de profiter, confortablement assis dans un transat, de la projection d’un film où la forêt se révèle à l’écran…et au-delà. Une expérience immersive, gratuite et dans une ambiance festive. Depuis 6 ans, nous proposons pendant quinze jours, de fin juin à début juillet, 15 à 20 séances plein air gratuites dans une dizaine de forêts domaniales réparties sur les territoires de Normandie, des Hauts-de-France et d’Île-de-France et une vingtaine de séances dans nos salles de cinéma partenaires.

Quel lien faites-vous entre le cinéma et la forêt ? Pensez-vous que les deux sont intimement liés ?

Célébrée par les poètes, les peintres, et les photographes, la forêt n’a de cesse de fasciner les artistes. Combien d’œuvres peintes, dessinées, photographiées ont été inspirées par la forêt ?

Pour le 7e art, la forêt est une source inépuisable et inspirante depuis l’invention du cinéma. Dès le début du 20e siècle, la forêt nourrit l’imaginaire du cinéaste et devient rapidement une terre de tournage : « un immense studio à ciel ouvert ». Parfois personnage d’arrière-plan, parfois occupant une place de premier-plan, la forêt est révélatrice de sentiments et des émotions parfois contradictoires. Le premier film tourné intégralement en milieu naturel aurait été un moyen métrage de Victor Jasset « Vie de Notre seigneur Jésus-Christ » de 1905. Un film tourné en forêt de Fontainebleau. Un massif forestier bien connu de Seine-et-Marne qui depuis plus d’un siècle a accueilli plus de 500 tournages de film !

De Victor Jasset à Peter Jackson (trilogie des Seigneurs des anneaux, 2001, 2002, 2003) en passant par F.W. Murnau (Nosferatu, une symphonie de l’horreur, 1921) Ingmar Bergman (Saraband, 2003), Douglas Fairbanks dans la forêt de Sherwood (Robin des bois, 1922) à Astérix et Obélix contre César en 1999 pour ne citer que quelques œuvres cinématographiques parmi tant d’autres, la forêt peut jouer tellement de rôles différents. Elle peut apparaître tour à tour, comme un lieu romantique, fantastique, maléfique, de désirs, d’errements, de quiétude ou de silence. D’ailleurs, à quand un prix d’interprétation pour la forêt (sourire) !

De quelle manière le cinéma peut-il sensibiliser aux enjeux forestiers ?

Depuis la sortie en 2015 du best-seller mondial de l’ingénieur forestier allemand, Peter Woalleben, La vie secrète des arbres, le public est de plus en plus sensible à la manière dont les forêts sont gérées, aux exploitations qu’ils observent près de chez eux, et qu’ils ne comprennent pas toujours. L’industrie du cinéma commence à s’immiscer dans ces problématiques forestières aux enjeux multiples avec plus ou moins de réussite. Le cinéma peut donner l’occasion de parler des enjeux forestiers avec des films engagés ou non. Les productions cinématographiques s’inscrivent de plus en plus dans une démarche écologique ou éco-responsable. Lors de tournage, on tente de limiter et recycler les déchets, on est plus vigilant sur la consommation d’énergie, pour les décors, le CNC préconise de limiter la construction, d’utiliser du bois labellisé durable et veiller à recycler les chutes de matériaux. Donc, pour répondre à votre question, le cinéma dans toutes ses composantes peut sensibiliser aux enjeux forestiers mais je considère que le cinéma est d’abord un art qui produit des œuvres parfois médiocres, parfois de grandes qualités. Un film est une œuvre personnelle d’un cinéaste dont l’intérêt n’est pas, selon moi, de véhiculer des messages quel qu’il soit mais d’offrir une (sa) lecture du monde, de notre société.

Le festival Branche & Ciné de l’ONF est une expérience cinématographique où le spectateur a cette liberté de se mouvoir dans un espace ouvert, de s’éveiller aux diverses ambiances forestières, de profiter de la faune, de la flore, de nos belles forêts…de se rapprocher un peu plus de la nature et de se sensibiliser davantage aux enjeux de nos forêts.

En quoi le fait de visionner et (re)découvrir un film en pleine forêt change l’expérience classique de la salle de cinéma pour le public ?

La forêt n’est pas pas conçue pour regarder un film tandis que les salles obscures sont créées exclusivement pour le cinéma. Cependant, la forêt, à travers le festival Branche et Ciné de l’ONF, offre au public l’opportunité de s’ouvrir à d’autres visions de la forêt. La vitalité et la richesse de nos forêts proposent aux spectateurs une expérience à la fois forestière et cinématographique.

Une expérience sensorielle, tout d’abord, où les bruits et les odeurs forestières, la nuit, dévoilent de nouvelles perceptions du territoire forestier. Une expérience cinématographique également, à travers des films où la forêt joue des rôles amenant le spectateur à réagir et à se questionner parfois sur ce qu’est la forêt. Du documentaire au film de fiction en passant par le dessin-animé, le cinéma porte à notre connaissance nos fantasmes, nos peurs de la forêt mais également questionne sur son rôle dans la société d’aujourd’hui et de demain. De la forêt mythologique à la forêt du réel, le cinéma se délecte de nous proposer d’inépuisables et riches représentations de l’arbre et de l’espace forestier.

Chaque année, le thème du festival Branche et Ciné évolue. Cette année, vous mettez en lumière le thème du travail de la forêt et du bois. De quelle manière ce thème se reflètera dans la programmation et les activités afférentes au festival ?

Dans la programmation de la 6e édition du festival de l’ONF, plusieurs films grand public et jeunes publics feront écho à cette thématique. Je citerai Les Grandes Gueules de Robert Enrico qui transportera le spectateur dans l’univers d’une scierie en plein cœur d’une forêt vosgienne et dans les coulisses d’une vente de bois tournée avec de véritables forestiers de l’ONF. Ce film projeté en plein air, fera l’objet également d’une projection en salle suivi d’une rencontre autour des usages de la forêt et du bois dans les Hauts-de-France en partenariat avec FiBois et les interventions d’un atelier d’architecture environnementale et d’un forestier de l’ONF.

Un programme de 3 courts-métrages pour le jeune public, en avant-première, intitulé L’Arbre à contes, fera la part belle à la nature et au métier de charpentier à travers notamment le film « Le voleur d’arbres » de la cinéaste d’origine iranienne, Rashin Kheyrieh. Je terminerai par un programme inédit de courts métrages de comédie burlesque avec Buster Keaton et Laurel & Hardy datant des années 20-30, intitulé « le bois en délire » où l’on suivra ses joyeux lurons dans une série de gags mémorables autour de la construction de maison en bois et du travail du menuisier. La projection de ce programme sera suivie d’un atelier ludique autour du bois animé par Clélia Lenoble de FiBois Ile-de-France.

En amont des projections plein air, plusieurs stands d’artisans du bois en partenariat avec FiBois, des visites et ateliers sylvestres animés par des forestiers de l’ONF seront proposés au public sur certains forêts domaniales des Hauts-de-France et de Normandie.

Après 5 éditions de Branche & Ciné, combien de films en lien avec la forêt avez-cous répertorié ? Quel est votre préféré ? / Si vous deviez en recommander un en particulier ?

En cinq éditions, nous avons programmé plus de 100 films : des films d’animation, des films d’auteur, des films frissons, des films du patrimoine, des drames, des films d’aventures, des films japonais, de Nouvelle-Zélande, du Mexique, des films africains. Le festival Branche & Ciné fait la part belle à tous les cinémas…exceptés aux films interdits aux moins de 18 ans.

C’est difficile d’extraire un film en particulier mais je dirais pour mon film préféré Les aventures de Robin des Bois de Michaël Curtiz avec l’image d’Errol Flynn en collant vert réfugié avec ses compagnons sous les futaies de chênes de la forêt de Sherwood. Le film que je recommanderais : Mud, sur les rives du Mississippi de Jeff Nichols sorti en 2012, un récit initiatique et fable bouleversante qui s’ouvre sur deux adolescents sur une île en apparence vierge à la végétation luxuriante où un bateau est juché au sommet d’un arbre gigantesque.

N’hésitez pas à vivre cette expérience totalement gratuite, du 22 juin au 6 juillet,
en vous rendant sur leur site internet
Coup de projecteur sur le festival Branche & Ciné avec son directeur Guillaume Bénaily
Coup de projecteur sur le festival Branche & Ciné avec son directeur Guillaume Bénaily
Coup de projecteur sur le festival Branche & Ciné avec son directeur Guillaume Bénaily
Coup de projecteur sur le festival Branche & Ciné avec son directeur Guillaume Bénaily
Coup de projecteur sur le festival Branche & Ciné avec son directeur Guillaume Bénaily
Coup de projecteur sur le festival Branche & Ciné avec son directeur Guillaume Bénaily
Coup de projecteur sur le festival Branche & Ciné avec son directeur Guillaume Bénaily
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Coup de projecteur sur le festival Branche & Ciné avec son directeur Guillaume Bénaily
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