- 13 juin
- Expériences immersives dans la forêt
- Thème écoute des vivants
- Spectacles et œuvres artistiques
Représentations du spectacle « Scènes de vie »
Comment considérer le fracas du monde quand celui-ci s’invite jusque dans nos vies quotidiennes ? Avec cette création à ciel ouvert composée in situ avec des interprètes amateurs, la chorégraphe libanaise Danya Hammoud fait entendre la violence invisible qui tremble sous l’ordinaire.
Que portent nos récits et nos fictions face à l’urgence du réel ? Pour Danya Hammoud, l’écriture chorégraphique est indissociablement liée à l’Histoire qui s’écrit aujourd’hui. Scènes de vie revisite des situations de la vie quotidienne pour en révéler les tensions sous-jacentes. Accompagnée de son complice ingénieur sonore David Oppetit, elle réalise une partition troublante qui joue des fractures et dissonances entre l’image et le son. Chaque tableau, drainant pourtant des gestes si doux et familiers, se fait ainsi le théâtre de poche des grondements du monde. Dans l’herbe ou sur le béton, c’est un groupe de sept amateur·ices du territoire qui rejoue une scène de partage. Tandis que le temps s’égrène, la tragédie résonne en sourdine, tissée d’archives, de souffles et de bruits internationaux. Dans ce dispositif immersif de plein air, le public est le témoin d’un phénomène saisissant : l’incursion du politique dans le domestique. Un geste sensible pour rendre visible ce qui manque, et faire surgir le récit là où on ne l’attend pas. Une histoire sonore de la violence vue par le prisme du geste ordinaire.
Chorégraphe et danseuse, Danya Hammoud est née en 1981 à Beyrouth et vit à Marseille. Après des études de théâtre à Beyrouth, elle poursuit sa formation en France au Cndc – Angers puis à l’Université Paris 8. Ses derniers projets incluent notamment Sérénités était son titre (2020) et Devenir crocodile (2022), pièce créée en collaboration avec David Oppetit. Elle crée le film documentaire Poreux (2021). Dans une démarche sur le long terme, Par écrits mêle des textes de différentes natures habités par une réflexion sur le mouvement des corps et leurs contextes politique, social, économique et poétique. Danya Hammoud co-programme l’évènement Dérive Casablancaise – Rencontres des arts de la scène. Ces rencontres proposent à la fois un espace de débat concernant la création en Méditerranée et dans la région SWANA, et des œuvres partagées avec le public dans plusieurs lieux de Casablanca.
- Direction artistique, chorégraphie, dramaturgie : Danya Hammoud
- Recherche et création sonore, ingénierie sonore : David Oppetit
- Interprété par un groupe de 5 amateur.ices : Cecilia Maddonni, Livio Dorvilma, Flaz Torres, Annabelle Bouzom, Marie-Louise Coriat
- Direction de production : Anne Rossignol, in’8 circle · Maison de production
- Chargée de production : Naï Sassine
- Photos : L’Heure en commun, Bernard Bonicelli
Lieu : Le Jardin d’Agronomie Tropicale René-Dumont, 45 Av. de la Belle Gabrielle, 75012 Paris
- 13 juin
- de 17h00 à 21h00
Propriété de la Ville de Paris, il accueille la Cité du Développement durable, association rassemblant une vingtaine d’acteurs du développement durable et des transitions écologiques et qui interroge les nouvelle trajectoires de développement liant territoires d’ici et d’ailleurs.
Héritage mémoriel lié à l’histoire coloniale de la France, créé comme un lieu de recherche où sont plantées et analysées des semences venant des colonies dès 1899, ce jardin en constante évolution est un lieu à interroger et à redécouvrir. Peu connu du grand public à qui il n’a réouvert ses portes qu’en 2004, le Jardin conserve une aura et un aménagement très particuliers qui le différencient des autres espaces du Bois de Vincennes. Son histoire transparaît dans les différents secteurs qui le composent aujourd’hui encore, chacun ayant ses propres caractéristiques :
- Un jardin « du Souvenir indochinois », déployé autour de mises en scène paysagères aménagées pour les expositions autrefois accueillies au Jardin, de différents points d’eau et de bâtiments mémoriels et historiques. La végétation forestière se compose de pins, de feuillus, de bambous ainsi que de pins laricios familiers dans le bois de Vincennes ;
- Un jardin où sont situés la majorité des anciens pavillons d’exposition et monuments aux morts afro-amérindiens, et où la pinède laisse place aux feuillus, à une prairie arborée et à des espaces plus ouverts ;
- L’ancien « jardin des cultures », qui constituait autrefois le cœur de la partie productive du jardin colonial comme en témoignent les anciennes serres, et qui accueille aujourd’hui une ferme urbaine participative ;
- Le campus, qui s’organise autour d’une pinède, et dont les bâtiments abritent les multiples organisations membres de la Cité du Développement durable ;
- Les deux pavillons restaurés, celui de l’Indochine et celui de la Tunisie, qui contribuent à articuler ces différents secteurs d’ambiance au sein du Jardin.
En 1899, sur le modèle du Royaume-Uni et des Pays-Bas, la France décide de se doter d’une structure chargée de coordonner les actions entreprises aux colonies pour l’amélioration des productions agricoles. Le Jardin colonial de Nogent est créé et placé sous la tutelle du Ministère des Colonies. On y reçoit des plants et semences des différentes colonies, on les met en culture, les observe, les analyse dans les laboratoires du site. Les variétés jugées intéressantes sont multipliées puis expédiées aux différents jardins d’essai. En 1902, un enseignement supérieur de l’agriculture coloniale est institué à Nogent, afin de spécialiser les ingénieurs agronomes qui se destinent aux colonies. En 1907, l’exposition nationale coloniale y est organisée : en plus des bâtiments dont il a hérité à l’occasion des précédentes expositions, on érige au jardin plusieurs pavillons et villages, et des « animations » mettant en scène la vie des autochtones dans les colonies sont proposées au public. Ce type d’expositions est, à juste titre, considéré comme particulièrement troublant aujourd’hui et doit continuer d’être interrogé et analysé avec un éclairage historique.
L’histoire du jardin se poursuit pendant la Première Guerre mondiale, durant laquelle il devient un hôpital destiné aux troupes coloniales et accueille plus de 4800 soldats blessés. A la sortie du conflit, plusieurs monuments dédiés à la mémoire des combattants des différents corps des troupes coloniales morts pour la France sont érigés sur le site. Certains sont toujours visibles aujourd’hui, comme le stupa consacré aux Laotiens et Cambodgiens. Après les années 1920, plusieurs instituts de recherche agronomiques se succèdent au jardin, dans lequel la nature reprend progressivement ses droits. En 1984 est créé le CIRAD qui regroupe l’ensemble des instituts de recherche en agronomie tropicale. Il délèguera la gestion d’une partie du site à la Mairie de Paris en 2003, qui l’ouvre au public l’année suivante et qui poursuit depuis une démarche de réhabilitation du Jardin et de ses bâtiments.
La vingtaine d’acteurs résidant au sein du Jardin ont constitué cette association en 2018. Elle constitue un pôle pluri-acteurs unique de recherche et de coopération internationale en développement durable, dont les membres sont de nature extrêmement variée (organismes de recherche, de formation, bureaux d’étude, collectifs de concertation, entreprises de l'économie sociale et solidaire, etc.). Tous souhaitent « faire Cité » en créant des passerelles entre les enjeux de développement locaux et internationaux. En coopération avec la Ville de Paris, la Cité du Développement durable propose ainsi l’organisation au Jardin d’un certain nombre d’événements et d’animations qui sont autant de plateformes d’expression et d’opportunités d’échange avec le public sur ces thématiques, comme le seront les Nuits des Forêts. L’inscription de la Cité du Développement durable dans le cadre de ce festival fait sens : au-delà de leur implantation historique au sein du Jardin et donc du Bois de Vincennes, une grande partie des membres de la Cité ont en effet une expertise poussée des enjeux forestiers (agroforesterie, filières, certifications, liens aux changements climatiques…).