- 06 juin
- Balades en forêt
- Ateliers et jeux participatifs
- Activités pédagogiques
- Expériences immersives dans la forêt
- Dormir en forêt
- De nuit
- De jour
- Spectacles et œuvres artistiques
Découvrez la flore le temps d’un week-end dans la forêt domaniale des Andaines
Samedi 6 juin 2026 :
16h : Visite commentée des trois jardins en agroforesterie syntropique
Herbes hautes, limaces, feuilles volantes, forêts-jardins, et trois artistes qui jardinent mèneront cette édition des Nuits des Forêts aux Minières.
Les Minières s’ouvriront pour une visite commentée des trois jardins jardins en agroforesterie syntropique cultivés par Cyril Gallier et de nombreux.ses allié.e.s. Trois jardins, trois âges, trois approches de la culture en syntropie. Ce temps permettra d’aborder concrètement les liens entre forêts, sols vivants, biodiversité cultivée et adaptabilité au changement climatique, à partir des expérimentations menées sur le site.
A partir de 16h : Tressage des herbes hautes, donner corps à des figures fantastiques
Valérie Grange nous guide en continu dans une activité sur un temps long et étiré : tresser les herbes hautes et donner corps à des figures fantastiques qui semblent s’animer le soir et au lever du jour. Nous allons créer une Scénographie végétale en utilisant la perspective d’une longue parcelle, en réalisant un parcours d’ herbes tressées en lignes, en courbes, en îlots. Pour une installation éphémère qui va évoluer au fil du temps, testons le Land Art Agricole !
A partir de 16h : Petit marché de producteur-rices locaux-les
Dans le corps de ferme il y aura les cookies (vegan) de Maryvonne et les tisanes des jardins à déguster. Un petit marché de producteur·rices locales vous attend :
légumes, herbes, pains au levain, miels, confitures, œufs… et poésie.
(En partenariat avec les fermes ouvertes des CIVAM Normands — “Vachement dépaysant”)
22h30 : Temps de lecture désobéissante à la tombée de la nuit.
Emilie Gallier propose un temps de lecture désobéissante à la tombée de la nuit. Arpentage de poèmes, lecture avec des yeux-pied sur le zine des Minières, découverte des écrits des élèves du Lycée Flora Tristan (habitués de ces lieux), de la publication earthworms dialogues croisant des savoirs scientifiques sur les vers de terre et les sols vivants avec les paroles et dessins de très jeunes enfants. Vos livres et écrits sont les bienvenus !
23h30 : Bivouac dans la forêt
Invitation au bivouac sur les 9 hectares des Minières, en lisière des forêts d’Andaines et de La Ferrière-aux-Étangs. (chambre disponible sur demande)
Restauration possible sur place : dîner (soupes, quiches, cakes, tartines) et petit-déjeuner.
Date : samedi 6 juin
Lieu : Les Minières, 61450 La Ferrière-aux-Étangs, France. Coordonnées GPS 48.638990, -0.512207.
Accessibilité : Parking sur place en bordure de ferme ou arrêt de bus transport à la demande Némus, Flers Agglo.
Activités sur réservation appréciée mais pas obligatoire info@lesminieres.org ou par sms au 06 32 37 67 38
La forêt communale de la Ferrière-aux-étangs est jeune; son relief fut en partie sculpté par les minières: mines à ciel-ouvert où l’on extrayait le minerai de fer du moyen-âge jusqu’au milieu du XIXème siècle. Ce minerai alimentait les fourneaux alentour où l’on produisait de l’acier pour les forgerons, cloutiers, ferronniers, maréchaux-ferrants et autres travailleurs du fer de la région. Les minières forment encore aujourd’hui des excavations bien visibles, longues de plusieurs kilomètres et profondes de près d’une dizaine de mètres. Leur découverte permet de s’initier à la géologie locale et de comprendre comment s’est formé le minerai de fer il y a 470 millions d’années.
La forêt accueille un sentier géologique témoin des activités passées d’extraction du fer qui ont façonné un paysage en vagues. Pour notre première participation aux Nuits des forêts en 2022, nous avions invité la géologue Anne-Cécile Flindt à nous compter ces vastes échelles de temps dans le paysage. L’historienne Marie-Claire Lefèvre a travaillé sur l’histoire des mines et de la Ferrière aux étangs, ses livres détaillés (« Le Fer et la Ferrière aux étangs » « La Ferrière aux étangs des origines à 1937 »). contribuent à notre connaissance des pratiques anciennes aux Minières et dans la forêt qui était alors un lieu d’extraction.
La forêt des Andaines est issue de la ’Sylva Andenae’ du Haut Moyen Age, grand massif boisé qui s’étendait de Domfront à Alençon, séparant la Normandie du Maine. Reposant sur le bouclier gréseux du massif armoricain, modelé au fil des temps par l’action des mers et des glaciers, cette forêt, au relief si particulier en contexte de plaine, présente un réseau dense de ruisseaux et milieux humides. D’un point de vue historique, la forêt est le lieu de nombreux mythes, d’histoires fantastiques liées aux sources, et de faits liés à la seconde guerre mondiale (crash d’avion, ferme occupée, cachettes d’armes…). En promenade aujourd’hui encore, il est fréquent de croiser des chercheurs de métaux, en quête de trésors passés.
La beauté du site tient autant à sa diversité qu’à sa situation exceptionnelle. Exposé à l’ouest, en surplomb des paysages alentour, il offre un horizon bombé, encerclé par les forêts, où les couchers de soleil estivaux dessinent chaque soir un spectacle saisissant. Peu à peu, les herbes sauvages colonisent les sols, de jeunes frênes et chênes émergent, tandis que la faune s’installe : rapaces, pics, tritons, couleuvres d’Esculape témoignent d’un milieu qui se régénère.
Ce territoire reste toutefois fragile. Les sols sont sableux, peu profonds et acides, et l’exposition rend le site particulièrement sensible aux tempêtes régulières. Ces contraintes, loin de freiner la dynamique engagée, interrogent sans cesse les pratiques et invitent à penser la forêt comme un espace d’adaptation permanente face au changement climatique.
La forêt des Andaines, et plus particulièrement la forêt communale de La Ferrière-aux-Étangs, se distingue également par ses paysages singuliers hérités des anciennes minières, mines à ciel ouvert qui ont sculpté chemins creusés, reliefs sinueux et parois rocheuses. Elle abrite de nombreux arbres remarquables, dont le chêne Hippolyte, figure emblématique de la forêt, âgé de 350 à 400 ans, témoin vivant du temps long forestier.
Aujourd’hui, la gestion forestière s’inscrit résolument dans une approche de résilience et de robustesse (Olivier Hamant). La préservation des sols, la diversification des essences, laa forêt mosaïque, sont autant de réponses concrètes aux défis climatiques actuels. Maintenir et renforcer la biodiversité – faunistique, floristique et paysagère – constitue un enjeu central pour l’avenir de la forêt.
Pour les années à venir, et dans la perspective des prochaines éditions des Nuits des Forêts, nous rêvons de poursuivre et d’approfondir cette dynamique en :
- Développant des formes artistiques et pédagogiques qui rendent sensible la notion de diversité, en prolongeant notamment le travail engagé autour des Forêts de mots (édition 2025 des Nuits des Forêts aux Minières). Continuer à faire dialoguer des mondes et des langages multiples — mythes forestiers, botanique, agroforesterie, danse, écriture, poésie — afin de rendre perceptible la forêt comme un tissu de récits, de savoirs et de relations vivantes.
- Renforçant la transmission et l’expérimentation autour de l’agroforesterie syntropique (développée aux Minières depuis 2022), pensée comme un outil concret d’adaptation au changement climatique. À travers la création de forêts-jardins aux usages multiples (potager, maraîchage, petits fruits, arbres fruitiers, bois), nous souhaitons approfondir une approche qui valorise la diversité des strates, des temporalités et des fonctions, et qui accompagne la transformation des paysages en écosystèmes d’abondance et de robustesse.
- Affirmant le site des Minières comme un lieu d’écoute, d’observation et de recherche, rendu possible par sa situation entre plusieurs forêts. Nous imaginons ce lieu comme un espace ouvert au repos, au jeu, à la pédagogie, au bivouac et à l’étude, où chacun peut expérimenter une relation plus lente, attentive et respectueuse au vivant.
-Développant notre capacité d’accueil et d’inclusion, avec un focus particulier sur la diversité des corps, des âges, des expériences et des sensibilités (situations de handicap, neurodivergences, pluralité des parcours). Nous souhaitons explorer des pratiques d’écoute transdisciplinaires engageant l’ensemble du corps : écouter par la marche, le toucher, la peau, les odeurs, le bivouac, l’immersion prolongée en forêt, et pas uniquement par l’ouïe.
-Valorisant la diversité comme principe central de nos pratiques agricoles et artistiques, en faisant de l’agriculture syntropique développée aux Minières un terrain d’expérimentation et de transmission sur la complémentarité, la coopération et la cohabitation des différences, humaines et non humaines.
À travers ces projets, notre ambition est de contribuer à l’émergence de forêts habitées avec justesse, où les pratiques humaines soutiennent les dynamiques du vivant, et où la forêt devient un espace de savoirs communs face aux enjeux écologiques à venir.