• 20 juin
  • Balades en forêt
  • Thème écoute des vivants
  • De nuit

Tendez l’oreille au paysage sonore d’une forêt des Corbières !

Tendez l’oreille au paysage sonore d’une forêt des Corbières !
Présentation de l'événement

 

Le 20 juin , tendez l’oreille au paysage sonore d’une forêt des Corbières : vous entendrez alors les oiseaux, le vent dans les feuilles, le reniflement d’un chevreuil… Vous voyagerez ensuite dans le domaine non-audible des fascinantes chauves-souris ! L’occasion idéale pour en apprendre plus sur la conservation de nos forêts.

rendez-vous au Col de la Redoulade, 11330 Auriac (GPS : 42.907737, 2.507213)

Pour plus d’événements, rendez-vous les 13 et 19 juin! 



Informations pratiques
  • Marche de 4 km
  • Difficulté : facile
  • A partir de 7 ans
  • Prévoir des chaussures de marche et une lampe torche
  • Col de la Redoulade, 11330 Auriac (GPS : 42.907737, 2.507213)
Quand
  • 20 juin
Horaires
  • de 20h à 22h30
11350 Tuchan, France Occitanie + Google Maps
Au sujet de la forêt
Le Parc naturel régional corbières-Fenouillèdes est situé à cheval sur deux zones biogéographiques (méditerranéenne et atlantique). Le territoire génère une grande variété de conditions écologiques comportant des milieux à fortes contraintes. Il en résulte une exceptionnelle biodiversité aux enjeux de conservation très forts.

Le couvert forestier y est très contrasté d’Est en Ouest. Entre Pyrénées et Méditerranée, à la croisée de plusieurs régions naturelles forestières, on distingue deux grandes régions. A l’Ouest, avec de fortes influences océaniques, dominent feuillus, conifères et forêts mélangées. L’économie forestière y joue un rôle important. A l’Est et au Sud-Est du territoire, le climat méditerranéen laisse s’exprimer une végétation arbustive de lande et de garrigue, fortement soumise au risque incendie et plus difficilement exploitable. Témoins de la forte amplitude des conditions écologiques, les habitats recensés sur le territoire couvrent un très large éventail allant des milieux pyrénéens d'altitude (hêtraies, tillaies, sapinières, landes montagnardes et falaises siliceuses) aux milieux méditerranéens (bois de Chêne vert, de Pin mésogéen et d'Alep, garrigues basses à Thym, maquis à Cistes, nombreuses variantes de pelouses xériques) en passant par une vaste gamme d'habitats mésophiles, et mésoxérophiles.

Parmi les espèces d’oiseaux inféodés aux milieux forestiers, on peut citer le Grand tétras, le Pic noir, l’Aigle botté et la Chouette de Tengmalm. Le périmètre abrite plusieurs espèces de mammifères présentant une forte affinité avec les milieux forestiers tels que le Chat forestier, le Cerf élaphe et la Genette commune. Le territoire des Corbières et du Fenouillèdes montre également un fort potentiel pour les chiroptères. On y recense ainsi 20 des 34 espèces de chiroptères présents en France métropolitaine. Concernant l’entomofaune, outre les espèces ordinaires, une vingtaine d’espèces inventoriées présentent un intérêt direct pour la biodiversité forestière, tels que la Cordulie à corps fin, le Grand capricorne, ou la Rosalie des Alpes. Enfin, parmi les amphibiens, on soulignera la présence de l’Euprocte des Pyrénées, espèce emblématique des cours d’eau sensible à l’exploitation forestière et à toute modification du régime hydrologique.
Pour ce qui est de la flore, elle est également très diversifiée, grâce à la mosaïque de milieux et de conditions bioclimatiques. On citera notamment le Ciste à feuilles de peuplier, protégé au niveau national, présent dans les pinèdes, ainsi que plusieurs espèces d’orchidées sauvages. L’Aspérule lisse est une autre espèce à enjeux, présente dans les bois frais à légèrement humides.
Son passé
Étroitement liées au patrimoine naturel, les dimensions culturelles et historiques de la forêt du territoire ont durablement marqué les paysages. Les forêts et garrigues constituent à la fois un écrin naturel pour de nombreux sites d’importance, et un patrimoine historique et culturel à part entière. Depuis des siècles, elles sont le support d’usages et de pratiques reliant les sociétés locales à leur environnement. Dès le Moyen Âge, les forêts sont au cœur des économies rurales et monastiques. Les abbayes, seigneuries et plus tard les forges à la catalane tirent parti du bois pour la construction, la métallurgie, ou encore la fabrication de charbon. Certaines forêts, comme celle des Fanges, alimentaient même les chantiers navals royaux par le flottage du bois sur l’Aude et l’Agly. La puissance motrice des torrents, combinée à la proximité des ressources en combustible (notamment le charbon de bois des Corbières et du pays de Sault), a favorisé l’implantation de ces forges. Les besoins en charbon pour la métallurgie ont accru la pression sur la ressource forestière à partir du XVIIIe siècle. Ces activités agricoles et industrielles ont laissé de nombreux vestiges, notamment un petit patrimoine bâti en forêt, qu’il convient maintenant d’inventorier et de préserver. Plus récemment, la déprise agricole inverse la tendance, avec une progression des surfaces boisées entraînant une fermeture progressive des milieux.

On trouve 400 hectares de vieilles forêts répertoriées à l’échelle du Parc, notamment à l’extrémité Ouest du territoire. Majoritairement composées de Sapin pectiné, espèce emblématique de l’Aude, elles sont à la fois un réservoir de biodiversité et le témoin de la présence pluriséculaire des espaces forestiers sur le territoire.
Son présent
Aujourd’hui, les forêts et espaces semi-naturels (landes, garrigues et maquis) couvrent les ¾ de la superficie du Parc. La forêt à proprement parler en couvre 40%. Ce sont des espaces privilégiés pour les activités touristiques telles que la randonnée pédestre ou équestre. Ils constituent à la fois un élément constitutif du paysage et un enjeu de gestion à long terme.

Dans plusieurs secteurs, comme le bassin viticole de Tuchan, les Hautes Corbières et la vallée de l’Aude, l’extension forestière résulte du recul de l’agriculture maraîchère et viticole, entraînant une fermeture progressive du paysage. Ce phénomène, couplé à la sécheresse qui modifie la végétation et accroît l’aridité des milieux, est au cœur des préoccupations paysagères locales.

Une des menaces principales pesant sur ces forêts est le risque incendie. Déjà cet été, l’incendie de Ribaute a dévasté 2% de la surface totale du Parc. Concernant la biodiversité, la principale menace pesant sur certaines espèces végétales comme animales réside dans la fermeture progressive des milieux pastoraux et des garrigues basses, qui constituent leur habitat privilégié. Par ailleurs, les opérations d’exploitation forestière peuvent représenter un danger supplémentaire pour les amphibiens, notamment en raison de l’ouverture de pistes et du franchissement des cours d’eau. La biodiversité végétale remarquable sur le territoire repose ainsi sur un équilibre entre dynamiques naturelles, usages agricoles, pratiques sylvicoles et évolution des milieux.

Enfin, les sécheresses répétées et le manque d’eau conduisent à un dépérissement de certains peuplements. Ainsi, le Sapin pectiné subit de plein fouet ces perturbations. Le changement climatique va, à terme, modifier l’aire de répartition des espèces, tels que le Chêne pubescent, pourtant adapté au climat local à l’heure actuelle.
Son futur
Une charte forestière de territoire est en cours d’élaboration, afin de concilier les multiples rôles de la forêt et d’encourager une conciliation des différents enjeux du territoire (risque incendie, préservation de la biodiversité, exploitation forestière, filière forêt-bois, accueil du public en forêt…). En 2026, l’intention est d’acculturer les différents usagers à ces enjeux, afin de bâtir un socle de connaissances et un langage commun lié aux espaces forestiers, à ses différentes temporalités, et à ses multiples richesses. L’élaboration d’orientations stratégiques et d’un plan d’action permettra ainsi de formaliser une vision commune et partagée des espaces forestiers.

L’accent est porté sur la nécessité d’adapter le territoire au risque incendie et au changement climatique. Combiner différents milieux ouverts, semi-ouverts et fermés au sein d’un même territoire est une des clés pour faciliter la résilience des milieux à ces multiples pressions. Dans cette optique, la conciliation des enjeux agricoles et sylvicoles est une priorité (sylvopastoralisme, ouverture mécanique de certains milieux, irrégularisation des peuplements…).
La gestion concertée et partagée des espaces boisés est également l’une des priorités du Parc dans les années à venir, avec, par exemple, l’accompagnement des filières de proximité et la gestion durable des écosystèmes forestiers . Enfin, l’accompagnement à des travaux sylvicoles plus vertueux permettant l’adaptation des forêts au changement climatique (diversification des essences, réduction de la masse combustible…) est un autre axe de travail prioritaire.

L’établissement du processus de concertation propre à la charte forestière est donc l’occasion de remettre les enjeux forestiers, dans leur multifonctionnalité, au cœur des préoccupations territoriales. L’ambition est, à terme, de donner lieu à une forêt vivante, résiliente, gérée de manière concertée et commune, remplissant ses multiples fonctions et prises en compte dans la gestion des risques.
Nom
Parc naturel régional des Corbières-Fenouillèdes
Adresse
11350 Tuchan, France Occitanie
Département
Aude
Taille (en ha)
178000

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